Rencontre des consistoires sud-ouest et Boucles de Seine ouest autour des finances Dimanche 8 mars 2026 à Saint Quentin en Yvelines
Cette année, l’Église protestante unie en région parisienne (EPUdF-RP) a initié un cycle de rencontre afin d’aborder la problématique financière, partant du constat que notre l’Église protestante unie se trouve dans une situation financière précaire.
C’est ainsi que, le 8 mars dernier, les membres des conseils presbytéraux des
consistoires Sud-Ouest dont l’EPUSQY fait partie et Boucles de Seine Ouest se sont retrouvés au temple de Saint Quentin en Yvelines pour un après-midi d’échanges, à l’issue d’un culte présidé par le pasteur Samuel Amedro, président du conseil régional.
La rencontre a débuté par un rappel sur l’organisation financière de l’Église et un point de situation global.
Tout d’abord, il existe des liens entre l’Union nationale, les Régions et chaque Église locale représentée par son association cultuelle. Les Églises locales se financent principalement par les dons des paroissiens. Les Régions ont pour seule ressource les contributions des Églises locales (50% des budgets des Églises locales en moyenne en région parisienne).

L’union nationale a pour seule ressource les contributions des Régions (40% du budget de la région parisienne).
Ainsi, les Églises locales n’ont pas seulement la responsabilité du financement de leur propre budget mais du financement de toute l’Église : quand un paroissien donne 10 €, il donne 5 € à sa paroisse, 3 € à la Région et 2 € à l’Union nationale.
Ensuite, il convient de constater que notre région est constituée d’Églises financièrement très hétérogènes, avec des budgets qui varient de 1 à 60, des contributions qui varient de 1 à 160, des trésoreries qui varient de 1 à 1 000.
Conséquence de cette situation, en 2024, l’ensemble des comptes ordinaires des Églises locales était déficitaire de 127 000 € dans la Région et de près de 1,2 millions d’euros dans l’ensemble de l’Union nationale.
Les comptes de la Région étaient quant à eux déficitaires de 53 000 € en 2025 (763 000 € de déficit pour l’ensemble des Régions). Ils le seront de 163 000 € au budget 2026.
Or, 90% des dépenses de la Région ont une finalité de solidarité : solidarité régionale (la Région prend en charge la rémunération de nos pasteurs), solidarité nationale (la Région assure un tiers du financement de l’Union nationale), solidarité internationale par sa contribution au financement du Défap.
Face à ce constat, des pistes de redressement existent :
- sensibiliser les paroissiens par une animation financière dynamique et imaginative ;
- mieux gérer nos budgets en portant une attention particulière au principal poste de dépenses : l’immobilier ;
- mobiliser la trésorerie disponible : 17 millions d’euros dans la Région, 47 millions d’euros au niveau national.
- 5 thèses ont été proposées, en vue de sortir de l’esprit de propriété et de survie pour s’ouvrir à l’esprit missionnaire :
- L’argent révèle l’esprit qui nous habite. Quand nous parlons d’argent, nous parlons aussi de peur de manquer, de besoin de sécurité, de désir de reconnaissance, de liberté, de confiance ou de contrôle. Dès lors, la question qui se pose est : quel esprit parle à travers notre manière de donner, de garder, de demander ou de dépenser ?
- Le fonctionnement financier de l’Église doit relever d’une logique d’alliance. La contribution au budget commun, la solidarité entre paroisses, la mutualisation des moyens ne peuvent pas être vécues comme un impôt étranger, ni comme le prix d’un service rendu. Sommes-nous une addition de propriétaires, ou un corps vivant appelé à faire alliance ?
- Appeler au don, ce n’est pas faire pression mais ouvrir un chemin de participation. Une Église a besoin de parler d’argent clairement. Mais appeler au don par culpabilisation, par peur ou par pression produit du ressentiment, pas de la communion. Le don juste n’est pas un achat de bonne conscience. Il n’achète pas le droit de se désengager. Il exprime une participation, une responsabilité, une liberté. La question n’est donc pas de savoir comment faire donner mais comment faire grandir la participation ;
- Immeubles, réserves, structures ne sont pas des identités à défendre mais des moyens à sanctifier.
Un bâtiment peut servir la mission ; il peut aussi devenir un fardeau ou un monument à protéger.
Une réserve peut être une prudence saine ; elle peut aussi devenir un matelas de peur.
Une structure peut soutenir la vie ; elle peut aussi se rigidifier. Qu’est-ce qui sert encore la vie, la communion et la mission ? - Le bon critère de discernement est le triptyque « justice, amour, liberté ». Ni la seule prudence, ni la seule générosité ne suffisent.
Il nous faut une boussole :
* Justice : qu’est-ce qui est juste pour le corps entier, et pour les plus fragiles ?
* Amour : qu’est-ce qui fait réellement vivre, relie, relève, ouvre un avenir ?
* Liberté : qu’est-ce qui nous libère de la peur, du ressentiment et du réflexe de possession ?