Editoriaux

Octobre - Décembre 2026

CONTINUER LA VIE

« Et maintenant … »

 

« On ne remplace pas, on continue la vie. », nous disait le pasteur Alain Mahaud, lors du culte de rentrée du dimanche 13 septembre.

« Evidemment », on se rend au culte, on continue à s’assembler. Ce n’est pas comme avant, la blessure est là, plus ou moins sensible selon notre rapport à notre frère, Jean-Michel.

Continuer pour perpétuer un ancrage en Christ, pour pour-suivre un ouvrage humble-ment réalisé par notre frère.

 

Aller en responsabilité, non pas malgré tout, mais surtout, une responsabilité non pas pesante, obstruée par des tâches à effectuer, des besognes à accomplir, mais légère, car ressentie comme « inspirée ».

 

Persévérer, s’inscrire dans un mouvement continu, c’est un élan naturel et limpide qui souffle  dans  les  voiles  du Conseil presbytéral. Passé le choc de la nouvelle terrassante, il a fallu œuvrer ensemble, affaiblis d’abord, puis renforcés malgré l’absence.

 

Fluctuat nec mergitur.

 

Puis est venu le temps de la rentrée avec la reprise des activités, de l’école et du travail. Au milieu de ce tourbillon, nous peinons à trouver une stabilité et à saisir l’essentiel. Et pourtant, ce mouvement intense nous rassure parfois, nous empêche le silence, le repos, le sens profond. Le silence ressemble parfois à un arrêt, à une entrave, nous rappelle notre isolement, l’absence d’un être cher. Mais, pensons aussi que ce repos, cette recherche du sens n’ouvre pas au vide, à la mort, mais nous ouvre la voie du sens de la vie, nous laisse percevoir la vie, face à nous-mêmes, et, plus encore, face à Dieu. Dans cette pensée active, nous nous lions encore plus fort avec les êtres aimés, même disparus. La devise de Paris « Fluctuat nec mergitur », récemment apprise à mes élèves latinistes-hellénistes, me parle dans cette situation : « Il est balloté par les flots, mais ne sombre pas. »

 

Puiser dans la force de l’ Eglise

 

La peine et l’agitation nous affaiblissent, mais nous pouvons nous confier à Dieu.

 

« Car là où deux ou trois s’assemblent en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Matthieu, 18,20

 

Se sentir fébrile, mais puiser dans la force de notre assemblée : dans la présence de nos frères et sœurs, dans la prédication. Ainsi, a-t-on pu réfléchir à « Christ est mort, la mort est un gain. », être encouragés, conduits par Caroline Bretones. Être ébranlé mais puiser en Dieu  un  secours, un secours perceptible dans cet élan que nous sentons entre nous, frères et sœurs en Christ. Nous pouvons nous relever ensemble, un nouveau bureau a été élu, le catéchisme a repris, les groupes d’activités ont commencé à se réunir. Avancer ensemble pour que cette absence devienne présence au-près du Christ.

 

Karine Vaillant

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