Editorial Février à Avril 2025
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« Vous ne serez sauvés qu’en revenant à moi » (Esaïe 30,15)
Sola fide – « Par la foi seule » est l’un des cinq principes du protestantisme sur lequel repose le salut des êtres humains. Le mot « foi » prend sa racine, comme les mots « confiance » et « fidélité » dans le latin fides. Il est intéressant de noter que dans la mythologie romaine, Fides était la déesse de la bonne foi, de la fiabilité et de l’honneur, comme dans la mythologie grecque, avec Pistis !
Voici comment en parlent les Réformateurs :
« Voici comment on saisit Dieu : quand le cœur s’empare de lui et est rattaché à lui. Or être attaché à lui par le cœur, ce n’est pas autre chose que se confier entièrement en lui. » (Martin Luther, Le Grand Catéchisme)
« La foi est une connaissance ferme et certaine de la bienveillante volonté de Dieu envers nous, fondée sur sa pro- messe gratuite en Jésus-Christ, révélée à notre entendement et affermie dans notre cœur par le Saint-Esprit. (Jean Calvin, L’Institution Chrétienne)
Mais revenons à la Bible, car il me semble intéressant de parcourir les Écritures pour savoir ce qu’elles disent justement de la foi, de la confiance et de la fidélité. Je vous propose donc de parcourir les Écritures au cours des prochains éditos.
Et bien sûr, commençons par l’Ancien Testament.
La religion d’Israël est fondée sur l’alliance conclue par Dieu avec son peuple au Sinaï. Cette alliance est le fondement de la foi des Israélites. Dans l’Ancien Testament, croire, c’est tenir pour vraie, avoir foi en l’existence du Dieu qui a parlé à Moïse et qui s’est révélé comme le créateur du monde et le chef du peuple ; c’est reconnaître l’autorité souveraine de la Loi qu’il a donnée ; c’est attendre avec confiance la réalisation des promesses liées à l’alliance.
Bref, croire en Israël, c’est ad- mettre que Dieu existe et qu’il agit dans le passé, le présent et l’avenir, et c’est vivre dans la confiance en ce Dieu qui gou- verne l’histoire et dirige son peuple. Sans cette foi en Dieu, le peuple d’Israël ne subsisterait pas (Esaïe 7-9 ; 30,15 : « Voici ce que déclare le Seigneur Dieu, le Dieu d’Israël qui est saint : Vous ne serez sauvés qu’en revenant à moi et en restant paisibles […] ») C’est dans la foi que le peuple vit sa destinée.*
Parallèlement à cette expression collective, la foi trouve en Israël une expression individuel- le. Elle est l’attitude d’assurance et de confiance en Dieu des justes, qui trouvent dans sa communion la force et le courage au milieu des épreuves (les Psaumes, par exemple Ps 73 ; Job). La foi personnelle a son fondement dans la certitude que Dieu est souverain. Elle s’inscrit par là dans le cadre de la foi collective au Dieu du peuple.
La foi, certitude que le Dieu de l’alliance gouverne l’univers et réalisera ses promesses et la foi, confiance personnelle du juste en un Dieu qui se soucie personnellement de lui, se trouvent dans le portrait que l’Ancien Testament donne d’Abraham, le croyant par excellence (Genèse 15,6 : « Abram eut confiance dans le Seigneur. C’est pourquoi le Seigneur le considéra comme juste. » ; etc.). La foi est l’attitude d’Abraham au travers des épreuves auxquelles il est soumis : l’appel à sortir de son pays (Genèse 12 ; « Et Abraham s’en alla comme l’Éternel le lui avait dit. »), la promesse d’une descendance alors qu’il est avancé en âge (Genèse 18 : « »Sara, ta femme aura un fils » ), le sacrifice d’Isaac (Genèse 22 : « N’étends pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien car maintenant, je sais que tu crais Dieu. » Par la foi, Abraham sait que Dieu réalisera ses promesses ; il lui remet avec confiance sa propre destinée, qui est celle du peuple de Dieu.
« Le juste vit par sa fidélité »
(Habacuc 2,4)
Que le Seigneur vous protège et vous garde !