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Editorial de décembre 2024 et janvier 2025
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Tous les ans, à cette période, je regrette, en tant que chrétien, que l’on ne dise plus guère « bon et joyeux Noël !» qui est maintenant remplacé, le plus souvent, par un lisse et neutre « bonnes fêtes de fin d’année ! » Mais, frères et sœurs, ne nous lamentons pas trop, car en vérité, la notion de fête est bel et bien présente dans les Écritures … et ce, dès le début de l’histoire biblique ! Et encore moins que pour tout autre sujet, il n’est possible de faire abs- traction de l’histoire pour comprendre ce que les fêtes ont représenté aux différentes époques pour les Israélites et pour voir ce qu’elles étaient devenues au début de l’ère chrétienne, jusqu’à nous aujourd’hui.
A la période nomade d’Israël, même avant Moïse, les fêtes ponctuaient déjà les grands moments de la vie. Deux grandes fêtes annuelles datent probablement de cette époque : la fête de Pâque au printemps et la fête des expiations en automne. La fête des pains sans levain, qui se célébrait au printemps, au même moment que la Pâque, marquait le commence- ment des moissons. D’autres cérémonies s’y joignaient : offrande des prémices des récoltes, offrandes des premiers-nés des troupeaux, qui garantissaient la fertilité des champs et la fécondité du bétail. Cinquante jours plus tard, la fête des Semaines (Pentecôte) marquait la fin des moissons. En automne, avait lieu la grande fête des Récoltes, la fête des Tentes parce qu’à cette saison de l’année chacun s’installait au milieu de ses vignes, sous une petite hutte de branchage. Les fêtes lunaires jouaient aussi un grand rôle.
Bien plus tard, alors que les Israélites s’étaient sédentarisés, La réforme de Josias (Jérémie 3,6-4-4), notamment la centralisation du culte à Jérusalem – « En ce temps-là, on appellera Jérusalem le trône de l’Éternel ; toutes les nations s’assembleront à Jérusalem, au nom de l’Éternel. » (Jérémie 3,17), amena des changements importants dans la célébration des fêtes. Leur caractère agraire s’est petit à petit atténué au profit d’un caractère plus religieux et mémoriel des grands événements religieux d’Israël. La joie qui prévalait lors des fêtes anciennes se trouva alors remplacée par la gravité et la solennité de la célébration d’un anniversaire : par exemple la célébration de la sortie d’Egypte pour la fête de Pâque. En célébrant un événement passé, on se rappelait les grandes œuvres de Dieu en faveur de son peuple et on signifiait ainsi que son action est toujours possible dans le présent pour le délivrer de toutes les oppressions.
Les Chrétiens reprendront nombre des fêtes judaïques en les célébrant dans le même esprit ; mais aux souvenirs du peuple israélite, ils juxtaposeront et mettront de plus en plus en avant les souvenirs de la vie de Jésus (Pâques, Pentecôte, …).
D’ailleurs, jusqu’à sa résurrection, Jésus et ses disciples participeront régulièrement aux fêtes et aux jours de culte juifs. L’Evangile de Jean insiste même beaucoup sur le fait que Jésus tient à y être présent : « Après cela, il y avait une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. » (Jean 5,1) Cette volonté de présence de Jésus est comme l’affirmation qu’il est lui, maintenant, la « réalité » de ces fêtes, et qu’il est venu les accomplir comme il est venu accomplir la Loi (Matthieu 5,17).
Pour aujourd’hui, on peut en tirer la règle suivante : il est légitime de célébrer les fêtes dans l’Église à condition qu’elles soulignent qu’avec Jésus est venu le Messie, et donc la présence du Royaume de Dieu. En d’autres termes, les fêtes chrétiennes, même si elles se juxtaposent aux fêtes anciennes, doivent être d’abord et avant tout christologiques.
Chers amis, nous ne devons jamais oublier, même si aujourd’hui, elles sont diluées dans un calendrier très sécularisé, que les fêtes chrétiennes, à commencer par Noël, portent la vérité essentielle du christianisme : le salut n’est pas une idée, mais une histoire, qui a son centre et son sens dans la personne, la vie et l’œuvre de Jésus-Christ.
« Dieu a en vue quelque chose de supérieur pour nous.»
(Hébreux 11,40)
Alors à chacune et à chacun, bon temps de l’Avent et bonne et joyeuse fête de la Nativité.
Dieu se rend présent !
Pasteur Alain Mahaud